Le Comité DAL 974 a participé le mercredi 4 mars 2026 aux Rencontres économiques du logement social, organisées par trois bailleurs sociaux de l’île : la SHLMR, la SEDRE et la SODEGIS.

Ces rencontres ont permis de dresser le bilan de l’année 2025, d’évoquer les perspectives pour 2026 et de discuter des enjeux du logement social à moyen et long terme à La Réunion.

À l’issue des échanges, un constat clair s’impose : la crise du logement social continue de s’aggraver sur l’île.

Une demande de logements sociaux en forte augmentation

À La Réunion, la pression sur le logement social atteint aujourd’hui un niveau particulièrement préoccupant. Sur un parc d’environ 85 000 logements sociaux, près de 50 000 demandes restent actuellement en attente, soit une augmentation de plus de 50 % en cinq ans.

Depuis 2014, la demande a plus que doublé, alors que la production de nouveaux logements ne suit pas la même dynamique. Cette situation accentue fortement la tension sur le marché du logement et allonge les délais d’attribution pour des milliers de familles.

Des livraisons de logements insuffisantes

Le principal bailleur de l’île, la SHLMR, prévoit environ 900 livraisons en 2026. Ce chiffre marque une amélioration par rapport à 2025, année durant laquelle seulement 350 logements ont été livrés, alors que 700 étaient initialement programmés.

De son côté, la SODEGIS maintient un rythme d’environ 200 logements neufs par an et poursuit des programmes de réhabilitation portant sur 100 à 150 logements par an.

La SEDRE annonce pour sa part une centaine de livraisons en 2026, un niveau en net recul par rapport aux années précédentes où elle dépassait les 300 logements livrés chaque année.

Au total, environ 1 200 logements sociaux pourraient être livrés en 2026, un volume qui reste très insuffisant au regard des besoins actuels.

Un parc social sous forte tension

Le taux de vacance du parc social à La Réunion est extrêmement faible, autour de 1,1 %. Ce niveau très bas limite fortement les possibilités de rotation des logements, ce qui ralentit encore davantage les attributions pour les demandeurs.

Dans ce contexte, de nombreuses familles restent plusieurs années en attente d’un logement social.

Une crise aggravée par la hausse des coûts de construction

Plusieurs facteurs expliquent les difficultés rencontrées par les bailleurs pour produire davantage de logements.

Depuis la pandémie, les coûts de construction ont fortement augmenté, notamment en raison de la hausse du prix des matériaux et des surcoûts liés à l’importation vers un territoire ultramarin comme La Réunion.

En 2024, moins de 2 000 logements sociaux ont été livrés, contre 3 500 en 2014, alors même que la demande n’a cessé d’augmenter.

Une crise structurelle qui appelle des réponses fortes

Le constat dressé lors de ces rencontres est sans ambiguïté : La Réunion fait face à une crise structurelle du logement social.

Sans accélération significative de la production de logements, la situation risque de s’inscrire durablement dans le temps, avec des conséquences directes pour des dizaines de milliers de familles en attente d’un logement.

Le Comité DAL 974 continuera de porter la voix des demandeurs de logements et des personnes mal logées, afin que des réponses à la hauteur de l’urgence sociale soient mises en œuvre.